L’obscurité. Un feu. Une enfant raconte une histoire. Au loin, le tonnerre gronde. Guidé par ses mots, j’essaie de traverser la nuit.

Le mystère est partout dans ce court métrage qui prend forme au cœur d’une nuit profonde et onirique. Un feu crépitant, unique point de repère dans cette obscurité, disparaît, on ne distingue plus que les ombres d’une nature inquiétante, l’image tremblotante se voit envahie par un fond sonore hypnotique. Seule pour nous guider et nous réconforter face à cette nuit, une voix enfantine. Elle cherche sa maison et ce faisant, nous prend par la main pour nous conter, en chuchotant, des histoires venues d’un autre temps. Paradoxalement, seul cet infans – celui qui ne parle pas – perçoit la poésie et la force qui résident dans ces récits et est capable de nous les transmettre. Une autre voix se mêle à la première, plus
âgée ; elle se souvient d’un passé disparu, elle se souvient de ces légendes rapportées par la première voix. Survivance des mots, survivance d’une mémoire en train de s’effacer, Sorn est une véritable bouffée de poésie mélancolique, une expérience sensorielle et réconfortante qui nous relie aux mots en ce qu’ils ont de plus fort. — Romane Oddon

  • Jeudi 9 octobre à 19:00 - Christine Cinéma Club     Réserver

    Programme 1

    Présenté par les cinéastes. Suivi d'un débat